Compte Rendu 20 mars à Pont à Mousson PDF Imprimer Email
Écrit par lapeloradmin   
Vendredi, 18 Mai 2018 00:00

 

JOURNEE LAPE Lorraine  du 20 mars à Pont à Mousson

 

 « Les forces et risques d’un groupe »

 

 

 Lieux d’accueil enfants-parents et nombre d’accueillants présents :

27 lieux et 58 personnes dont 49 accueillants, 5  membres du CA (non accueillant) et 4 partenaires

Moselle :  9 lieux d’accueil enfants-parents (20 personnes)

Ribambelle et Farandole (Creutzwald) : 2 personnes, Maison des jeux (Fameck) : 3 personnes, La cour ensoleillée (Metz) : 2  personnes, Maison d’Anjou (Metz) : 1 personne, L’Escale (Uckange) : 3 personnes, Pirouette (Metz) : 4 personnes, Square (Thionville) : 2 personnes, Lieu itinérant (Boulay, Bouzonville, Piblange, Falck) : 3 personnes

Meurthe et Moselle : 13 lieux d’accueil enfants-parents (22 personnes)

Petit prince (Pont à Mousson) : 4 personnes, La Passerelle (Nancy) : 3 personnes, Centre d’Eveil (Mont St Martin) : 3 personnes,  le Petit jardin et les Petites grenouilles (Homécourt) : 2 personnes, Briey : 1 personne, l’Epis’ode (Lunéville) : 3 personnes, Essey les Nancy : 1 personne, Escapade et Baleine bleue (Nancy) : 1 personne, Toul : 1 personne, La Parent’aise (Longwy) : 2 personnes, Café et Chocolat (Nancy) : 1 personne

Meuse : 1 lieu d’accueil (2 personnes)

Arc en ciel (Verdun) : 2 personnes

 

Vosges : 4 lieux d’accueil enfants-parents (5 personnes)

Atelier rencontres (St Dié des Vosges) : 2 personnes, Lape’tite escapade (La Bresse et Cornimont) : 1 personne, Petite Pause (St Dié des Vosges) : 1 personne, lieu d’accueil CD 88 : 1 personne

L’association LAPE Lorraine remercie la ville de Pont à Mousson pour la mise à disposition des locaux du lieu d’accueil enfants-parents qui abrite le siège de l’association et les réunions du CA de l’association. Elle remercie également la ville pour la mise à disposition de la salle aujourd’hui et toute l’équipe de Petit Prince pour l’accueil de cette journée.

Intervention du jour : « Les forces et risques d’un groupe »

Cette thématique est présentée par Mr Stéphane Milioto psychopraticien de la relation d’aide selon Carl Rogers et superviseur de lieux d’accueil enfants-parents.

Contexte de cette intervention : les accueillants en lieu d’accueil enfants-parents ont à prendre conscience de la nécessité d’animer les groupes de parents qu’ils reçoivent. La fonction « d’animateur du groupe » est fondamentale à prendre en compte. Ainsi, réguler, poser le cadre revient à l’accueillant(e). Sinon c’est le groupe ou une partie du groupe qui va prendre le leader ship du lieu. L’accueillant est donc aussi un animateur.

 

Introduction

La gestion d’un groupe demande un travail pratique : la façon dont on gère un groupe est différente de la façon dont on gère une relation entre deux personnes. Le groupe a ses particularités, ses phénomènes.

Il faut d’abord appréhender ce qu’est le groupe pour ensuite l’animer (lui donner une âme, un souffle, quelque chose qui va le faire vivre). Enfin, il faut envisager le positionnement de l’animateur  et quelles fonctions il est sensé remplir .

1.1 Qu’est-ce qu’un groupe ?

Groupe se dit « Krop » en allemand ce qui signifie : cordage, rouage, lien.

En italien, groupe se dit « Gruppo » c’est un exercice d’architecture où le sculpteur faisait naître de la pierre des personnages unis par un socle. Le groupe se bâtit sur un socle qui est commun. Le groupe est le « plus un ». Il n’est jamais la somme des individus qui le composent. Le groupe est « l’ensemble des individus plus un ». Il y a quelque chose « de plus » à gérer : une enveloppe groupale qui unit les membres du groupe. Nous l’oublions parfois, nous nous adressons aux personnes sans considérer qu’elles font partie du groupe.

 

1.2 Les phénomènes observés dans un groupe :

·         La conduite du groupe : elle est en lien avec la résistance inconsciente du groupe. Il est nécessaire qu’il y ait un leader.

Si le leader n’est pas désigné, quelqu’un prendra cette place. Le leader est celui qui a envie de prendre le pouvoir, il prend des initiatives, il conduit. C’est une fonction inhérente au dispositif. Le leader souhaite atteindre les objectifs s’il n’est pas empêché par un autre. Le leader spontané peut être porteur d’une résistance : quelque chose d’inconscient qui risque de mettre à mal l’action de l’animateur. Ainsi dans un groupe, ou l’animateur prend la conduite (leader ship) ou c’est une autre personne qui la prend mais la place ne reste pas vacante.

·         L’illusion groupale :  à certains moments, surtout au début de la formation du groupe : il y a des moments d’euphorie porté par une illusion : « on forme un bon groupe ». Puis, les membres du groupe vont se rendre compte qu’ils ne sont pas toujours d’accord avec les autres. Deux éléments viennent alors se télescoper : le besoin de sécurité et la menace de la perte d’identité de chacun parce que les désaccords existent.

·         Le fantasmes de casse (cf Anzieu Didier) : La représentation des choses, propre à chacun, est mise à mal dans le groupe qui a son propre fonctionnement. Si j’intègre un groupe, j’ai envie de changer mais il y aussi la crainte de changer. Plus nous prenons de l’âge, plus il est difficile de changer. Le désir de changement et la crainte créent le fantasme de quelque chose qui va être cassé en soi.

·         La mentalité : c’est quelque chose qui unit les membres du groupe. Chaque groupe a sa propre mentalité. Quand nous intégrons un groupe, nous intégrons sa mentalité pour être acceptés. Les mentalités des membres pris séparément peuvent être différentes de la mentalité de groupe. Le groupe influence les mentalités individuelles. Des expériences ont montré cette influence : pour être conformes au groupe les personnes vont dans le sens du groupe au détriment de leur opinion personnelle.

·         Le nombre d’individus : c’est un facteur d’influence aussi. Plus le groupe est important, plus il va être émotif et sensible à la dimension affective (ex : la foule). Ainsi, on s’est rendu compte que pour produire un travail intellectuel, la mise en place de petits groupes, de commissions est plus productive.

·         La fatigabilité : dans l’animation d’un groupe, il vaut mieux prévoir des pauses. Le groupe a son propre mouvement, son propre rythme, il se fatigue. Le lien groupal est fatigant, au bout d’un temps, les membres ne peuvent plus réceptionner les informations. L’animateur doit tenir compte de cela, observer le groupe, ses réactions nerveuses, les bruits …

·         L’inertie :  faire bouger un groupe est plus compliqué que faire bouger une personne. Le groupe est plus difficile à mobiliser.

·         Les liens sonores :  ce sont des éléments qui permettent de comprendre ce qui se passe dans le groupe, quelque chose dans son inconscient qui se vit. Dans tout groupe, il y a du bruit, des changements de position, des soupirs, des raclements de gorge, tout cela dit quelque chose. Même le silence dit quelque chose. Si le bruissement du groupe est pus fort, c’est qu’il désire se manifester, si seuls des bruissements sont perceptibles c’est que les affects circulent on se sent bien, cela fonctionne bien. Si on observe un brouillage sonore : tout se rouille. La production sonore est un effet de groupe spontané, une manifestation d’énergie, comme si le groupe voulait exprimer quelque chose : un désaccord, une volonté de créer autre chose. L’animateur doit tenter de comprendre ce qui se dit, tenir compte du « non verbal ». Le rôle de l’animateur est de s’adapter aux particularités d’un groupe : est-il féminin, masculin ?…

 

1.3 Les facteurs affectifs et inconscients dans un groupe

Les participants d’un groupe peuvent se poser ces questions : « Qui suis-je ? », «  Est-ce que je vais exister, disparaître dans ce groupe ? »

Le groupe peut représenter un espace transitionnel : il va combler le manque, l’isolement. La plupart du temps c’est inconscient.

Des sentiments primaires peuvent surgir de l’ordre de la dépersonnalisation, d’un sentiment de menace, celui d’être jugé.

Parfois le groupe créé de la dépendance : les personnes qui participent à un groupe peuvent aller jusqu’au fusionnel, c’est ce qu’on appelle : « l’illusion groupale ». Le groupe devient vital, l’attachement au groupe est fort et comble chez ses membres un besoin de se sentir aimé.

Les personnes peuvent se sentir particulièrement nourries par le groupe puis tout à coup lâchées. Dans ce cas, l’animateur peut donner des rendez-vous, prévoir d’autres dates de regroupement pour éviter ce sentiment d’abandon.

 

1.4 La dynamique de groupe

Cette dynamique crée des rôles chez les membres du groupe qui peuvent être repérés par l’animateur. Ainsi, apparaissent : « le bagarreur », « le sage », « celui qui sait tout », « le bavard », « le timide », « le contre », « le roupilleur », « le grand seigneur », « le rusé »…..

Il ne s’agit pas d’enfermer les personnes dans une attitude mais de repérer les attitudes qui peuvent apparaître à un moment donné. L’animateur peut utiliser cela pour créer des interactions dans le groupe entre les membres, sortir ainsi du face à face. Si l’animateur se met à dos une ou l’autre personne, il peut y avoir risque de clivage au sein du groupe, d’apparition de conflits, que le groupe fasse bloc contre l’animateur. C’est difficile pour lui mais nécessaire, utile pour aller plus loin, si on n’en tient pas compte, le risque : c’est de rester bloqué.

 

Impacts des conflits sur le groupe :

Pour que les conflits soient productifs : il faut que la parole circule. S’il y a des non-dits, les conflits sont destructifs car les positions des uns et des autres vont se rigidifier.

Les conflits ont des impacts sur la satisfaction des membres du groupe. On peut voir apparaitre des intentions de le quitter, du stress, de l’épuisement. Les conflits peuvent être utiles à condition qu’ils soient bien gérés. Il vaut mieux les affronter plutôt que de les éviter.

L’animateur peut utiliser la médiation, la négociation, trouver un compromis, un arbitrage qui va tenter d’essayer de sauvegarder la relation pour continuer à vivre ensemble.

 

2.1 L’animation d’un groupe :

C’est mettre du souffle, une âme, une respiration au sein du groupe.

 

2.2 Un outil d’aide à l’animation d’un groupe

L’animateur doit, au démarrage d’une action d’animation de groupe, répondre à 5 questions, c’est le « QQOQCP » :

·         « Quoi » : description de l’activité, la tâche

·         « Qui » : qui va faire cela

·         « Où » : description du lieu

·         « Quand » : description du moment

·         « Comment » : manière de procéder, méthode

·         « Pourquoi » : pourquoi je fais cette activité

L’ensemble de ces réponses permettent à l’animateur de se saisir d’un cadre qui va lui permettre de se sentir en sécurité, d’éviter qu’il y ait du flou.

 

2.3 Le cadre d’évolution d’une activité de groupe

Cela parait rigoureux mais il faut pour gérer un groupe : un cadre et de la discipline. Des outils vont nous aider à définir ce cadre :

 

·         La circulation de la parole et du silence

La parole doit être cadrée, balisée. Chacun a droit à la parole. Le silence peut être déstabilisant, les silences sont difficiles pour l’animateur mais le silence veut dire quelque chose. Dans ces cas, l’animateur peut interroger : si vous ne répondez pas, c’est que vous êtes contre ?

55% du message passe par le non verbal : le silence, les expressions du visage, le positionnement, la gestuelle. L’affectif passe dans la voix, les intonations. Nous sommes souvent plus sensibles à cela qu’aux mots. Si je ne mets pas de non verbal dans ce que je dis, cela ne passe pas : il faut croire à ce que nous disons et le dire avec toute notre expression.

 

3.1 Les fonctions de l’animateur

Le positionnement de l’animateur face au groupe est très important :

·         Il doit avoir une production centrée sur les objectifs : la majorité de la production est faite par le groupe

·         L’animateur qui doit faciliter la parole, les échanges pour atteindre le résultat

·         Il doit réguler le groupe être vigilant, attentif pour ne pas louper l’atteinte des objectifs, il doit gérer les conflits, la prise de parole.

 

3.2 Les règles de base d’ un animateur de groupe 

·         Assurer le cadre

·         Ecouter attentivement : ne pas juger, aider à aller plus loin vers un champ d’évolution. Quand la personne est acceptée, entendue, non jugée, elle peut évoluer.

·         D’abord chercher à comprendre, ensuite se faire comprendre.

·         Assigner les tâches clairement s’il y a lieu, afin d’éviter les conflits, le flou.

 

C’est aussi important de s’écouter soi, d’être authentique. L’asservité est une notion de respect de soi et des autres en collaboration. Cela mobilise beaucoup d’énergie tout comme l’écoute. Elle permet de se positionner, d’aller à la rencontre de l’autre.

 

3.3 Les styles d’animateur/animatrice

Les personnes animent avec leur tempérament. Leur posture est à travailler.

Quel style choisir ?

 

 

Nombre de participations    

participation

initiative

collaboration

créativité

Le style plus directif/autoritaire 

élevé

passive

Objectifs posés avant

faible

faible

Le style plus démocratique/coopératif :

 

restreint

active

Objectifs fixés par le groupe

forte

élevée

 

Plus il y a de participants, plus il faut réguler, cadrer, être directif.

Dans un petit groupe, c’est plus facile, on avance mieux.

En fonction de son style, selon la taille du groupe l’animateur s’adapte, la posture intérieure est déterminante.

 

3.4. La posture de l’animateur d’un groupe

Quelques repères pour favoriser la dynamique de groupe :

·         Prendre en compte les besoins identitaires : le besoin de considération, d’’existence individuelle.

·         Etre transparent dans ses intentions.

·         Etre vigilant et « présent » intégralement ( ce qui passe par l’écoute, l’observation).

·         Ne pas se laisser impliquer personnellement, ne pas se laisser atteindre personnellement, il faut mettre la limite au nom de la fonction qu’on occupe.

·         Faire preuve d’acceptation, d’empathie et de congruence (être dans la rencontre avec l’autre, l’accepter tel qu’il est, être authentique).

·         Ne pas interpréter ce qui se passe négativement « contre soi personnellement » : c’est dans sa fonction que l’animateur est interpelé, mais pas dans sa personne. Ceci exige de l’animateur qu’il prenne du recul, qu’il reste être vigilant sur ce qui passe.

·         Nommer l’absence de l’un des membres (même s’il n’est pas là, il fait toujours partie du groupe).

 

4.1 La communication

Selon Albert Merhabian, psychologue et professeur de psychologie, les éléments de communication peuvent être gradués ainsi :

·         Le ton de la voix constitue 38 % de l’impact d’un discours

·         Les gestes (regard, posture) : 55%

·         Les mots : 7 % d’impact

 

Dans la communication il y a beaucoup de déperdition :

 

Animateur

Récepteur

Ce qu’il a à dire : 100%

Ce qu’il entend : 60%

Ce qu’il pense à dire : 90%

Ce qu’il écoute : 50%

Ce qu’il sait dire : 80%

Ce qu’il comprend : 40%

Ce qu’il dit effectivement : 70%

Ce qu’il admet : 30%

 

Ce qu’il retient 20%

 

Ce qu’il répètera 10%

 

La dimension émotionnelle :

Il faut intégrer la dimension émotionnelle. Dans certains moments, selon leur état émotionnel, les personnes vont accepter ou pas ce qui est dit. Si elles ne sont pas dans un registre émotionnel qui permet l’acceptation, les informations resteront incompréhensibles pour elles.

 

Questions-débats :

Comment se passe l’inclusion de nouvelles personnes dans un groupe ?

Parfois dans les lieux d’accueil enfants-parents : les nouveaux ne sont pas acceptés dans le groupe des habitués.

La posture de l’accueillant est importante ainsi que l’aménagement du lieu. Sa responsabilité est d’introduire la nouvelle personne dans le groupe, rester avec elle, la présenter. Certains lieux d’accueil enfants-parents ont mis dans leur règlement : « toute nouvelle personne est la bienvenue et tous les autres accueillis doivent l’accueillir et l’accepter dans le groupe ». Quand le groupe est trop fermé, quand les accueillis souhaitent rester « entre eux », les accueillants leur rappellent la règle : dans ce lieu tout le monde est accueilli. S’ils n’acceptent pas cela, ils peuvent se voir ailleurs.

Les accueillants ont pour rôle de convaincre le groupe verbalement ou avec du non verbal, leurs places sont importantes dans le groupe : comment ils se placent, à quelle distance….

Eviter les conflits est la pire des solutions ?

Il y a beaucoup de paramètres dans un conflit. Il faut au moins l’acceptation des deux parties pour se réconcilier. Si c’est impossible, on peut montrer aux personnes qu’elles peuvent être côte à côte même si elles ne sont pas d’accord. Leur point commun c’est de ne pas tomber d’accord.

Le lieu d’accueil enfants-parents est un lieu transitionnel entre le groupe d’accueillis et les institutions. Les équipes doivent accompagner les personnes qui ont besoin du groupe (isolement).

Comment marquer la sortie du groupe par un accueilli qui ne pourra plus y venir à cause du dépassement d’âge de son enfant ?

 

Quand la famille ne peut plus venir, les personnes peuvent se sentir abandonnées. Des lieux organisent une fête de « fin » quand l’enfant a 6 ans où il y a le don d’un livre.

Mis à jour ( Vendredi, 18 Mai 2018 20:16 )
 
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